
Il y a deux semaines, l'agence bordelaise d'Amoès (enrichie d'une marseillaise pour l'occasion !) est allée visiter notre chantier de création de chaufferies biomasse sur le site de l'INRAE de Villenave d'Ornon (33), guidée par Romain, en charge du projet.
Le but du projet consistait à remplacer les vieilles chaudières gaz par des chaudières biomasse performantes (50% de la puissance, pour 70 à 80% de couverture des besoins), associées à des chaudières gaz à condensation en appoint et secours. Un des défis de la conception a consisté à travailler "en aveugle", sur un site où les données de consommation étaient inexistantes.
Un autre des enjeux principaux du projet résidait dans un timing extrêmement serré : les premiers diagnostics ont eu lieu en janvier 2025, suivi d'une conception express sur 3 mois (!) Le chantier s'est déroulé sur le 2ème semestre de l'année, et les OPR sont actuellement en cours. Une mission intense et concentrée, où nous étions en charge du volet CVC (ainsi que du dossier pour le fond chaleur de l'ADEME) ; notre partenaire Verdi s'est occupé des sujets électricité, VRD et gros-oeuvre, ainsi que de la mission OPC.

Le principe de "l'installation de 4 chaufferies bois" masque des réalités diverses, et une succession de cas particuliers avec leurs contraintes propres : les besoins de puissance et la taille des chaudières bien sûr, mais aussi la topographie du terrain ou l'accessibilité des sites ont ainsi conduit à décliner autant de solutions sur mesure.
Dans 3 des 4 chaufferies, ce sont des chaudières à plaquettes forestières qui ont été installées : le combustible, peu onéreux, est livré par camion et vidé dans une cuve temporaire avant qu'une vis sans fin ne le transvase dans le silo de stockage. Ce dernier est du reste arrivé sur site pré-fabriqué, pour diminuer le temps de chantier. Deux chaudières bois et un ballon tampon (de l'ordre de 5000 L) sont ensuite installées dans chaque local chaufferie, pour optimiser la cascade de puissance. De là, des départs alimentent les sous-stations où sont installées les chaudières gaz ainsi qu'un ou plusieurs autres ballons tampons : des sondes de température permettent ensuite d'optimiser le fonctionnement de l'ensemble, en faisant fonctionner les chaudières bois autant que possible à pleine puissance, et en évitant les cycles trop courts.

Dans la dernière chaufferie, ce sont des chaudières à granulés qui sont mises en place : les contraintes d'accessibilité interdisaient la rotation de camions, et c'est donc un camion souffleur qui remplit cette fois un silo à granulés.
Une visite instructive pour toute l'équipe, avec l'occasion non seulement de rentrer dans les détails des schémas de principe et de la conception du chauffage, mais aussi et surtout d'explorer la transcription de cela sur un chantier d'ampleur, avec ses contraintes pratiques. Le genre de visites où la complémentarité de nos compétences en environnement et en fluides prend tout son sens !